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vendredi 18 mai 2012

INVITATION: Conférence sur Patrick White, jeudi 7 juin


Patrick White (1912-1990), Prix Nobel de Littérature, et le Postcolonialisme.

SYNOPSIS :

A l’occasion du centenaire de la naissance de Patrick White (né le 28 mai 1912), Jean-François Vernay  explorera la dimension postcoloniale des écrits de ce Prix Nobel de Littérature. Ce personnage paradoxal est né fortuitement en Angleterre mais issu d’une famille d’agriculteurs établis en Australie depuis plusieurs générations. Socialiste proche du peuple malgré son éducation bourgeoise et élitiste, on le définit comme un écrivain patrimonial et transnational, prenant fait et cause pour de nombreux combats en étant pourtant très discret sur la scène publique. Jean-François Vernay examinera la complexité de cet auteur en abordant de nombreux thèmes chers au postcolonialisme : la relation centre/ périphérie, la tyrannie de la distance, l’angoisse d’être sans attaches, la représentation des Aborigènes, la notion de subalterne, etc.
 

Cette conférence d’une heure, qui fera l’objet d’une présentation PowerPoint, inclura un temps d’échange d’un quart d’heure avec le public. 

Lieu: Centre Culturel Tjibaou, Nouméa
Case Eman
Date: Jeudi 7 juin 2012
Heure: 18h15




DECOUPAGE :
Portrait de Patrick White

1. Patrick White : icône nationale malgré lui
Une conscience nationale : le sens de l’engagement 

Portrait de Geoffrey et Nina Dutton

2. Patrick White : écrivain australien ?
Séjour sur une ferme australienne pour jouer les jackeroo

3. Patrick White : un personnage oxymorique

La propriété sise à 20 Martin Road, tout proche de Centennial Park

Ses affinités électives avec Manolo Lascaris

4. La dimension postcoloniale de ses écrits
Portrait de Clive James

5. Patrick White : un écrivain en mal de reconnaissance
Portrait de Miles Franklin

6. Conclusion : la posture de Patrick White

Portrait de Patrick White
EXTRAIT :

« Malgré une  éducation élitiste et le milieu bourgeois dans lequel il évolua toute sa vie, Patrick White se définit comme un socialiste (qui prit souvent fait et cause pour le parti travailliste australien) en empathie avec les petites gens, voire les défavorisés. Il avait beau mener une existence recluse (prenant ses marques à Castle Hill pendant 2 décennies puis en achetant la propriété sise à 20 Martin Road, tout proche de Centennial Park) en fuyant le commerce des hommes, l’auteur s’imposa progressivement sur la scène locale comme conscience, notamment après l’obtention du Nobel. S’est-il soudain senti investi d’une mission ?
Alors qu’il s’exportait en Europe et aux Etats-Unis avec sa plume transnationale, il a pu par ailleurs être récupéré en Australie par la cause nationaliste grâce aux figures symboliques qu’il exploita dans sa fiction : l’explorateur Ludwig Leichhardt dans Voss, le peintre Roy de Maistre inspira The Vivisector (1970) (traduit par Le Vivisecteur, 1979), et Eliza Fraser fut incorporé à l’intrigue de Une Ceinture de feuilles. Toute sa vie durant, White entretint ce clivage, ces facettes contradictoires de sa personnalité et de son œuvre. Il alimentait cette représentation de l’écrivain à la fois étranger tout en étant du cru, celle d’un exilé au sein de sa propre patrie. Cette angoisse d’être sans attaches – que l’on perçoit dans le parcours itinérant de certains de ses personnages qui n’arrivent pas à se poser – proviendrait de son incapacité à se fondre dans le moule et de ses aspirations les plus contradictoires – signes manifestes de l’ambivalence. A en croire sa correspondance éditée par David Marr, White se languissait pour l’Europe (notamment pour la France et la Grèce, mais pas pour l’Angleterre qu’il abhorrait!) tout en souhaitant partir à la découverte de son pays : l’Australie.
Sa propre sexualité participait de ce schéma oxymorique. Victime d’une homosexualité mal perçue en son temps, il a fallu longtemps à l’écrivain pour faire son coming out littéraire en abordant le sujet de plein front dans The Twyborn Affair (1979) (traduit par Les Incarnations d’Eddie Twyborn, 1983) puis en y revenant longuement dans son autobiographie, Flaws in the Glass (1981) (traduit par Défauts dans le miroir : un autoportrait, 1985). Influencé par la pensée de Jung, White revendique clairement une bisexualité psychique, une forme d’ambivalence riche de contradictions : 

Dans mon cas, Je n’ai jamais été tourmenté par le choix de telle ou telle orientation sexuelle. J’étais en quelque sorte élu, et j’ai très tôt accepté mon homosexualité. Malgré mon physique très viril, j’ai peut-être été trop passif pour résister ou alors j’ai reconnu la liberté qui m’était donnée d’accéder à toutes ces variations de la psyché humaine, de jouer tant de rôles dans tant d’enveloppes corporelles contradictoires. (FG, 34-5)
Malgré son orientation sexuelle, il ne fallait attendre aucun militantisme gay de la part de White, ni de représentation flatteuse de l’homosexualité dans ses écrits. »

BIOGRAPHIE :
Né en Nouvelle-Calédonie, Jean-François Vernay a fait des études de lettres avant de fonder Correspondances océaniennes, une revue culturelle postcoloniale qu’il dirigea pendant de nombreuses années. Essayiste spécialiste du roman australien, il publia deux ouvrages : Water From the Moon: Illusion and Reality in the Works of Australian Novelist Christopher Koch (New York : Cambria Press, 2007) et Panorama du roman australien des origines à nos jours (Paris : Hermann, 2009), disponible en langue anglaise sous le titre The Great Australian Novel – A Panorama (Melbourne : Brolga, 2010). Son nouvel essai, une réflexion sur le fait littéraire intitulé, est à paraître prochainement aux éditions Pascal. En collaboration avec David Coad, il vient de prendre la direction d’un hors série de CERCLES pour lequel il prépare un dossier sur l’œuvre de Patrick White.


BIBLIOGRAPHIE :

* LIVRES
1. Essai littéraire à paraître en 2012.

2. Panorama du roman australien des origines à nos jours (Paris: Hermann / Collection Savoirs Lettres, 2009), 250 pp.


3. Traduction de 2 : The Great Australian Novel – A Panorama, traduction de Marie Ramsland (Melbourne: Brolga, 2010) et avant-propos de Nicholas Jose.

4. Water From the Moon: Illusion and Reality in the Works of Australian Novelist Christopher Koch (New York: Cambria Press), 204 pp.



* DIRECTION DE REVUES ET TRAVAUX D’EDITION

1. Codirection (en collaboration avec David Coad) d’un numéro spécial sur Patrick White pour la revue CERCLES, septembre 2012, en cours.



2. Codirection (en collaboration avec Nathanael O’Reilly) d’un numéro spécial de Antipodes: A North American Journal of Australian Literature Special Issue: Fear in Australian Literature and Film 23:1


3. Direction d’une revue culturelle. Correspondances océaniennes  (2002-2006).

* CHAPITRES DE LIVRES

1 - “Fictional Reality Strikes Back. C.J.Koch’s Novels from Fiction to Friction”. In Amit Sarwal & Reema Sarwal (dirs.) Fact & Fiction: Readings in Australian Literature, New Delhi: Authorspress, 2008, 27-41.

2 - “White Nation Fantasy, the Imperialistic Streak, and the Lingering Empire. A Contrapuntal Reading of Christopher Koch’s Fiction”, in Perennial Empires: Postcolonial, Transnational, and Literary Perspectives, Chantal Zabus & Silvia Nagy-Zekmi (eds.). Amherst/ New York: Cambria Press, 2011, 153-167.


* ARTICLES

A.  Articles dans des revues nationales ou internationales avec comité de lecture:
1 – “Only Disconnect – Canonizing Homonormative Values: Representation and the Paradox of Gayness in Christos Tsiolkas’s Loaded”, Antipodes: A North American Journal of Australian Literature 20 : 1 (New-York), juin 2006, 7-11.

2 – “Sex in the City: Sexual Predation in Contemporary Australian Grunge Fiction”, AUMLA: Journal of the Australasian Universities Language and Literature Association 107, (Sydney), mai 2007, 145-58.

3  - “C.J.Koch’s Novels: From Fiction to Friction – Fictional Reality Strikes Back”. Antipodes: A North American Journal of Australian Literature 21: 1 (New York), juin 2007, 7-9.

4 - ““From Context to Text: Peter Carey’s Monstrous Creation in My Life as a Fake”. Lemuria: A Research Journal of Indo-Australian Studies 2: 1 (Ajmer), numéro sous la direction de Bruce Bennett, 2008, 5-18.

5 – Avec Nathanael O’Reilly, “Terror Australis Incognita?: An Introduction to Fear in Australian Literature and Film”, in Antipodes: A North American Journal of Australian Literature. Special Issue: Fear in Australian Literature and Film 23: 1 (New York), juin 2009, 5-9.

6 - “Freudianism in Dire Straits: The Representation of Psychoanalysis in Contemporary Australia”. AUMLA: Journal of the Australasian Universities Language and Literature Association 112, novembre 2009, 81-96.

7 - “Lost in Distraction: Repetition and Ennui in Antoni Jach’s The Weekly Card Game”. Southerly 69:2, Long Paddock 5, Sydney, décembre 2009.

8 - “Projections and Utopianism in Contemporary Australian Fiction: Toward an Exploration of the Paranoid Mind”. Alizés : Revue angliciste de la Réunion 33, 2010, 183-199.

9 - “Male Beauty in the Eye of the Beholder? Guys, Guises and Disguise in Patrick White’s The Twyborn Affair”. Transnational Literature 4: 2, Adelaide, mai 2012, 1-11

10 - “Big Father is Watching You – A Postcolonial Reading of Peter Kocan’s Total Institution Novellas”. Antipodes: A North American Journal of Australian Literature. 26: 1 (New York),  juin 2012. 

11 - “The Politics of Desire: A Psychoanalytic Reading of Christos Tsiolkas’s Dead Europe.”. The Journal of the European Association of Studies on Australia (Barcelone), septembre 2012.  Publication Internet, accès libre.


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