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samedi 3 décembre 2011

Création: "chutes" par Richard-Warren Strong

CHUTES

par Richard-Warren Strong, 2011

Bloc de correspondance uni …

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C’est l’histoire de quelqu’un qui écrit des histoires ou qui voudrait bien en écrire, des histoires. Je pense à ‘Molloy’, les premières pages du livre où Beckett nous décrit l’histoire d’un mec qui est revenu chez sa mère et qui écrit une histoire. La sienne sans doute, d’histoire. Le début, celui qu’il voulait, c’est deux personnes à pied sur une route de campagne qui se croisent et puis qui s’éloignent l’une de l’autre. L’une va en direction de la montagne ou des collines et l’autre va en direction de la mer. Je pense à ‘Molloy’ et donc ce roman est déjà presque fini, nous sommes déjà sorti du discours narratif pour rentrer dans le discours sur le discours narratif. Si ‘je pense’ alors ce n’est déjà plus un roman, à moins que je ne sois un personnage du dit roman, roman écrit à la première personne, une personne qui penserais “moi” ou qui aurait penseé “moi” . “C’était l’histoire d’un mec qui écrivait des histoires.” C’était car ce ne l’est déjà plus. De toute façon “C’est l’histoire d’un mec” est de Coluche, breveté.

Retour à la case départ.

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Bloc uni de correspondance acheté chez Casino. C’est l’histoire d’un mec qui voulait écrire une nouvelle histoire. C’est l’histoire d’un mec qui ne savait plus très bien comment écrire des histoires. Panne sèche. Ouvrir le robinet pour voir ce qui se passera. “Write the top off your head.” Technique de Robbe Grillet. Tu décris la chambre. Tu décris la photo sur le mur de la dite chambre. Tu décris les personnes dans la photo accrochée sur le mur de la dite chambre, qui se mettent à bouger comme dans la vraie vie pour faire l’avant et l’après-photo. La photo sur le mur les aurait pris en mouvement à un instant donné, un instant “t” qui ne serait qu’un moment de passage dans la vie des mêmes personnages. Inventer le reste, retourner à la photo, le cliché, parfois, de temps en temps, seulement. Seule réalité “vraie” avec des guillemets.

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Bloc de correspondance uni en provenance de chez Casino à Sartrouville, un soir d’hiver ou bien un samedi après-midi. Qui le sait ? Quel importance de toute façon ? C’est seulement le support de ce début de livre. Cela commence par un acte volontaire, vouloir écrire un livre. A quel sujet ? La recette. Thème et trame. Quelqu’un a bien dit que le plus dur au départ, lorsque l’on voulait écrire un roman, c’est de trouver les personnages. Une fois que l’on a trouvé les personnages, le reste va tout seul. Dit-elle. Quelqu’un l’a bien dit. Qui déjà ? A chacun sa recette. Faut bien laisser la porte ouverte à l’imprévu. Je réfléchis à cela dans le RER ce matin en direction d’Evry et en face de moi assis sur les rangées de l’une des banquettes du compartiment de train il y a quatre jeunes gens de la deuxième génération d’immigration africaine qui discutent des élections à venir, deux beurs et deux filles blacks, noires. La discussion est animée mais je n’arrive pas à la suivre vraiment, je ne fais qu’écouter l’énergie vocale du discours. Je retiens des paroles ici et là, des petits bouts de phrases mais il y a quelque chose qui m’empêche de vouloir comprendre plus loin, quelque chose de plus que la surdité naissante et le bruit du train qui couvre tout. Ils sont bien habillés, des étudiants peut-être ? Mais à Evry Courcouronnes ils s’en vont en direction du centre commercial. Ils y bossent sans doute, ce sont des travailleurs. “Ministère de l’identité nationale” cela veut dire quoi au juste ? Et bien nommé à ce poste, je commencerais immédiatement par ficher tout le monde, en faisant le fichier de la carte d’identité : couleur des cheveux, couleur de la peau, type d’empreinte digitale sur l’index de la main droite, couleur des yeux, taille, poids, âge, nom, prénoms… comme dans l’exposition au centre commercial d’Evry. Après avoir fiché ainsi la population entière, j’arriverais à la conclusion suivante : Le Français moyen est ainsi : cheveux --- sans compter Loréal, peau ---, yeux ---, etc. Voilà pour l’identité nationale des français !

Quatre jeunes personnes qui n’avaient rien à faire dans ce livre se sont trouvées là ce matin par hasard, alors que je méditais sur les débuts d’un roman. Roman qui commencerais par : C’est l’histoire d’un mec qui écrit des histoires… Ils sont là sans avoir rien demandé et c’est déjà presque indécent. D’ailleurs je me fais engeuler d’avance pour avoir pris cette photo, cette carte postale indiscrète. Deux personnes vues de dos, deux autres personnes vues de face. Assises les unes en face des autres dans le RER, compartiment à deux étages. L’une des deux filles parle un peu fort, trop fort et vite, un peu trop vite. L’autre se tait ou presque. Elle ne cherche pas, elle, a impressionner les deux garçons, les deux jeunes hommes. Bribes de conversation parfois mais je respecte leur intimité, vous ne saurez rien de plus à propos de ce qu’ils disaient, de ce qu’ils ont dit ce matin. L’un des garçons est en costume. Avec un petit porte-documents. Les filles ont des sacs à main ou en bandoulière. Mais pas de porte-documents, donc ce n’est pas des étudiantes. Ils s’en vont vers le centre commercial d’Evry, à quatre ensemble en sortant du train. Je les vois en imagination travailler au centre commercial chez Carrefour, par exemple, où je regarde le rayon des livres à midi entre le sandwich jambon-fromage et le café. Rayon livres où trône ma romancière préférée avec son nouveau roman…

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Bloc uni acheté chez Casino à Sartrouville un soir d’hiver ou un samedi après-midi. Elle est venue nous parler de son nouveau roman à la bibliothèque municipale devant un petit parterre de lecteurs dévoués, invitée par la présidente depuis plus d’un an déjà. Elle ne saurait être un personnage de mon roman à moi ! Cette fois-ci je n’ai pas osé lui parler alors que les gens faisaient la queue pour lui faire dédicacer leur livre. A quoi bon je me dis ? Lui dire que finalement j’avais trouvé un éditeur, que j’avais réussi à les faire publier, mes sacrés bouquins, mais que manifestement cela ne suffisait pas pour faire de vous de moi un écrivain. Elle se livre complètement, elle raconte sa façon d’écrire, son travail et sa vie au travail. Le type à côté de moi au fond de la salle est journaliste pour le canard local. Il me pose des questions indiscrètes. Pourquoi aimez-vous les livres de ma romancière préférée. Est-ce que vous les lisez en anglais ou en français ? Je répond évasivement. Ne pas chercher à raconter comment nos vies se sont croisées il y a très longtemps déjà comme des personnages de Molloy et puis se sont éloignées l’une de l’autre. Elle avait lu mon premier essai sur Beckett le roman ‘Murphy’, mémoire de maîtrise intitulé “La subversion narrative : ‘Murphy’ de Samuel Beckett” . Elle s’en souvenait. Mais de la lecture de mon premier roman ‘Overlanders’ rien du tout. A mon avis elle ne l’a pas lu. Elle a dû le feuilletter rapidement, en lire quelques pages et puis me le rendre tel quel sans aller plus loin. C’était un roman écrit à la troisième personne, elle avait remarqué cela. Elle a fait une remarque au passage : “Merci d’avoir partagé cela avec moi.” Bien sûr je l’avais écris à la première personne, ce bouquin encore dans un état de manuscrit inachevé. Elle dit que son premier livre est une collection de récits je ne l’ai pas encore lu. Je l’ai revue à plusieurs reprises après, dans les années qui ont suivi la publication de son premier livre. Elle a une très belle voix, une voix douce et claire, une voix de cristal. Trouver une histoire, ce n’est pas chose facile déjà.

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Bloc de correspondance uni acheté chez Casino à Sartrouville un samedi après-midi. C’est l’histoire d’un mec qui ne voulait plus écrire d’histoires. Cela commençait par une décision en général vite mise au rebut, classée, de démarrer un nouveau livre sans trop savoir jusqu’où cela le mènerait. De quoi parler déjà ? Thème, trame, histoire. Le thème ? Roman psychologique ? C’est déjà beaucoup affirmer. La table bouge, elle n’est pas stable dans ce café chez X à Y. Comment dans ces conditions déplacer la plume le stylo bille à la bonne vitesse, dans la bonne direction ? Trame ? La France a voté. Le nouveau président est élu. Sa victoire est claire et nette, sans contestation possible. En voilà pour les repères spatio-temporelles. Et pour le reste ? voir bloc de correspondance, page 14. Thème, trame, histoire. Le thème est libre. Mettons la jeunesse ou bien la vieillesse. Le trame, c’est le fil des événements du récit. Seconde par seconde, minute par minute. L’histoire, c’est le jeu des personnages, les trouver, les définir. On a le droit comme cela de déblatérer un moment à condition de tomber finalement zéro in sur le noyau du roman.

9/7/2007

Hier j’ai vu le film “Raisons d’Etat” inspiré par la vie de J. Edgar Hoover. C’est un film fort intéressant sur la guerre froide, les sociétés secrètes, les dessous de la politique.

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Bloc de correspondance uni, acheté chez Casino, un soir d’hiver ou d’été ou un samedi après-midi. Par temps pluvieux ou venteux. Peu importe finalement. Puisque ce n’est pas encore cette fois çi que l’on fera une nouvelle histoire. Dans le scénario du film “Raisons d’état” qui traduit le titre “The Good Shepherd”, l’on voit se dérouler la vie à partir de l’âge de huit ans du héros Edward W ou un nom semblable jusqu’au moment en avril 1961 où il se fait piéger. On découvre le projet de l’invasion de Cuba la baie des Cochons en faisant des écoutes à Brazzaville au Congo du fils d’Edward W qui est au lit avec une belle métisse. On lui envoie des clichés à Edward pour le prévenir et il découvre l’origine de ces clichés mais pas sans effort. Qui les a envoyé ? Sa contrepartie chez les Soviétiques sans doute, nom de code Ulysse, qui veut retourner notre héros Edward W. Il résiste néanmoins puisque le mal est fait déjà, l’invasion de Cuba a été bloquée They knew where to find us, il dit “Ils savaient où nous trouver”. C’est donc qu’il y a eu une fuite. Et l’on retracera dans le scénario du film, la vie d’Edward pour retrouver la fuite et qui en est le responsable, son fils.

Bloc de correspondance UNI, acheté chez CASINO un soir d’hiver ou un samedi après-midi. J’ai lu récemment la page sur Internet qui est consacré à Don Henderson, musicien et auteur-compositeur australien. Don était l’auteur de quelques 300 chansons et son recueil ‘A quiet country’ est épuisé. Il fait partie de la bande du “folk revival” des années 50 et 60 en Australie, avec Paul Marks, Chris Kempster, Alec Hood et bien d’autres comme Brian Mooney et Martin Wyndham-Read. Mais à la différence des autres, Don n’est pas un “folk singer”, il ne chante pas dans les cafés et les pubs, il écrit des chansons dans la tradition folklorique, un peu à la manière d’un Bob Dylan mais sans l’avoir imité le moins du monde. On cite des articles sur les protest songs en comparant Don Henderson à Bob Dylan et à Ewan McColl. Mais il s’agit davantage d’un constat que d’une protestation de la part de Don. Parenthèses fermées.

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Inutile de rester à l’intérieur. Je sors de la maison pour me promener. Direction Glebe, la maison verte de Mickey le Hongrois. Elle est toujours là, la maison verte en bois. Elle paraissait bien plus grande à l’époque, il y a plus de quarante ans. Mais c’est le monde qui rétrécit maintenant, partout de toutes parts. Je n’ai pas de plan, j’erre comme Molloy et Moran de la ville de Shit au village de Hole ou l’inverse, ou ce sont deux villes ou deux villages. Glebe, c’est un quartier de la ville de Sydney où j’erre pour la n-ième fois, poursuivis par mes vieux démons, la mémoire. Oublier tout voilà ce qu’il faudrait pouvoir faire, ne pas s’encombrer de ce passé visqueux, collant qui me poursuit partout. Nous allons apprendre que Chauncy traine depuis de nombreuses années un fardeau, un immense fardeau, un boulet de forçat. C’est sans doute le poids de sa mauvaise conscience, par exemple ? Qu’a-t-il fait de si grave ou pas fait qu’il aurait dû faire ? De Harris street on se dirige d’abord vers Glebe Point Road en passant par Broadway. Mais il y a aussi un autre chemin plus tordu qui passe dans les collines de Glebe. En allant plus loin on atteint un parc au bord de l’eau. Un pont en face de l’autre côté s’appelle Glebe Point Bridge ? Un peu plus loin l’on voit le pont de Gladesville. Arrivé là je retourne sur mes pas. Ne pas traîner trop longtemps aux mêmes endroits. C’est le problème des fantômes, ils n’arrivent pas à s’en aller, à quitter un lieu précis. On dit qu’il est hanté par les fantômes qui l’habitent, les souvenirs des événements passés.

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J’imagine Beckett, un stylo à la main en train d’écrire le roman ‘Molloy’. Ou un crayon ou une plume, je ne le vois pas devant sa machine à écrire. Avait-il un plan ? Le temps nous ensevelit. Les gens meurent et on casse les briques de leurs habitats. La laisse n’est pas bien longue. Dans ‘Molloy’ qui est composé de deux longues nouvelles à-peu-près complètement séparées, Moran part à la recherche de Molloy en compagnie de son fils Jacques, les ordres venant de Youdi sont transmises par le messager Gaber, mais en fait Moran ne trouvera pas Molloy et il perds son fils Jacques en chemin. Il le retrouvera après. Moran retourne ensuite chez lui pour écrire son rapport, le texte que nous lisons où il raconte cette aventure depuis le jour du départ, un dimanche d’août. Gaber arrive peu avant midi, l’heure de la messe et Moran part à pied un peu avant minuit. Sa mission consiste à s’occuper de Molloy, mais nous ne savons pas au juste de quelle façon. De toute façon avant de retrouver Molloy, il reçoit l’ordre d’abandonner sa recherche et de retourner chez lui.

Nous sommes dans la deuxième partie du roman, dans la première partie Molloy raconte une autre aventure. Il part à la recherche de la maison de sa mère, mais il se perd en chemin et à la fin on le retrouve dans un fossé pour le ramener chez sa mère qui est déjà morte. Son récit démarre sur une route de compagne à la sortie de la ville. Il va ensuite le lendemain dans la ville à bicyclette et il se fait arrêter par un agent de police. Ensuite il est relâché et il écrase un chien dans la rue avec son vélo. La propriétaire du chien l’héberge pendant un certain temps puis il s’en va en direction de la plage et ensuite de la forêt. Tout cela prend un temps considérable, plusieurs mois et même plusieurs saisons. La correspondance avec le deuxième récit n’est jamais pleinement établie. Pourquoi Youdi veut-il que l’agent Moran s’occupe de Molloy ? Molloy est un vagabond âgé d’au moins 70 ans. On n’apprend jamais le détail de la mission de Moran, il a oublié. Moran est un personnage assez désagréable depuis le début. Mais l’on sait que Molloy finit son parcours dans la maison de sa mère où il écrit son histoire. Et le seul lien serait la voix d’un enfant : ‘te bile pas, Molloy, on arrive.’ Le fils Jacques aurait-il pris la place du père Jacques pour retrouver Molloy ? Il y a aussi les deux personnes qui s’occupent de Molloy en lui apportant à manger en échange des pages qu’il écrit quotidiennement.

Voilà moi Chauncy, à 32 ans je trouvais tout cela sans intérêt aucun. Publié en 1951, alors que Beckett est né en 1906, il a donc 45 ans environ lorsqu’il publie ce roman. C’est l’âge approximatif du personnage de Moran qui a un fils de 12 ou 13 ans. Il y a assez peu de personnages féminins. La mère de Molloy, décrite seulement, Lousse la femme qui héberge Molloy pendant un certain temps, Ruth ou Edith qui est une autre femme avec laquelle il aurait connu ‘l’amour’, et dans la deuxième partie Marthe la domestique de Moran et les sœurs Elsner des voisins. Molloy n’a pas d’enfants en tout cas il ne se souvient pas d’avoir eu des enfants. Il a un père Dan disparu depuis longtemps et une mère Mag disparu depuis peu. Mais il n’a pas de frères ou sœurs, oncles, tantes, cousins, cousines, etc. Il en va de même pour Moran, qui vit seul avec son fils et sa bonne. Il a une belle maison avec jardin dans un village. Molloy n’a rien excepté quelques ‘possessions’ qu’il évite de dénombrer dans le détail, menus objets tout au plus. Il a une bicyclette au départ qu’il laisse chez Lousse et des béquilles pour l’aider à se déplacer. J’ai donc étudié Murphy, personnage beaucoup plus sympathique et si j’avais vraiment envie pour parler comme Beckett je pourrais vous donner quelques pages de cette monographie. On verra bien. En attendant je rentre à Harris street

Ne pas rappeler ces occasions manquées. On avait chacun ses problèmes - ‘I’ve got enough problems of my own already,’ elle dit en anglais. Je la connais déjà depuis plusieurs années avant d’en arriver là, à lui proposer bêtement que l’on passe aux choses sérieuses mais il est déjà trop tard. Est-ce plus tard que je vais chez elle un jour rue des Rosiers et elle m’héberge pour la nuit ? Elle a un petit appartement deux pièces, en location j’imagine. Ce jour-là je n’avais pas d’endroit où aller dormir, cela arrive des fois. On s’est rencontré à l’école de commerce, rue de Tocqueville, où elle venait parfois remplacer un professeur d’anglais. D’abord pour la session intensive en début d’année scolaire en Octobre. Et ensuite de temps en temps, tous les ans jusqu’à l’année où tous les profs d’anglais sont virés de cette école en commençant par le chef de département. J’ai plusieurs fois vu dans la rue Christine Angot, sans jamais lui parler, qui met en scène ses Jules dans ses romans. J’ai déjà deux récits qui s’entrecroisent. Les choses ne s’arrangent pas.

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Moran a mis un an à faire ses pérégrinations vers la ville de Hole (could this be Hull ?) qui est au nord de la ville (ou village ?) de Shit où il habite avec son fils dans un pavillon avec un jardin autour. Comme Molloy il part à travers les champs, il traverse la campagne et les bois en évitant soigneusement les routes. Beckett l’auteur est un grand observateur. Il décrit le moindre objet dans le détail. 4000 mots sur la bicyclette, il ne le fait pas, mais il en est tout à fait capable. Sur la danse des abeilles, 3 pages. Tous les événements se valent et tous les objets aussi. Mais parfois il y a l’ellipse lorsque par exemple Moran assomme une personne avec son trousseau de clés d’un kilo. Les missions de Moran sont variées, Murphy, Watt et Mercier sont passés par là comme si l’auteur est en train de se débarrasser de ses personnages. Les technologie est presque absente du récit, la voiture par exemple. Il y a bien un tracteur mais avec la bicyclette et le vélomoteur la mécanique s’arrête là. Molloy écrase un chien accidentellement avec sa bicyclette. Il est sur un boulevard dans une ville avec des remparts. Peu de villes en Angleterre ou en Irlande ont des remparts. Les distances se mesure en milles et les noms de lieu sont en langue anglaise. Bally serait-elle la ville de Belfast ? Ou bien une ville imaginaire ?

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Le but de ce mémoire est de démontrer que ‘Murphy’, deuxième des romans de Samuel Beckett après ‘More Pricks than Kicks’, constitue le début d’une tentative de subversion du roman classique. Nous nous bornerons à l’étude de ‘Murphy’, version française de 1947, sans anticiper sur l’œuvre ultérieure de Beckett. Une telle entreprise de subversion peut se concevoir de plusieurs façons. Elle ne sera pas forcément brutale et/ou radicale. Ainsi à la première lecture Murphy peut paraître “inoffensif”, si bien que certains critiques du roman beckettien considère ‘Watt’ et non pas ‘Murphy’ comme marquant le début de l’entreprise de destruction systématique du roman tel qu’il avait été conçu jusqu’alors. (O. Bernal, ‘Langage et fiction dans de roman de Beckett’.)

Pourtant s’il est vrai que ‘Murphy’ obéit en général aux règles et traditions du roman classique, nous trouverons bon nombre d’infractions isolées, de sorte qu’il est possible d’affirmer que ces exceptions à la règle sont volontaires et constituent une mise en valeur négative des “règles”.

Toute histoire étant construite en partie pour reprendre le terme de R. Barthes (Communications 8) de “phrases constatives” ou si l’on préfère de “phrases affirmatives”, il existe dans le récit tout comme dans le discours argumentatif la possibilité d’un jeu argumentatif qui consiste à étayer ou à contredire des affirmations déjà faites. Nous examinerons Murphy dans cette optique aussi (aspect capital dans la pièce En attendant Godot).

Même lorsque “l’histoire ” disparaît, il reste au romancier subversif la tâche de démonter le langage dont elle est faite, que ce soit du point de vue de la sémantique, du sens, ou de la syntaxique, la structure.

Diégèse, argumentation, sémantique, syntaxe, telles sont me semble-t-il les quatre directions où une tentative de subversion est possible. Reste à savoir si Beckett les emploie toutes les quatre dans son deuxième roman, et à quel degré.

Diégèse, introduction

Nous utiliserons comme point de départ la méthode d’analyse fournie par G. Genette dans ‘Figures III’. Il s’agira de voir si Murphy tout en respectant les règles de la construction romanesque de façon générale présente des anomalies ou exceptions volontaires et peu nombreuses, permettant ainsi un “affichage” de chaque règle.

Il ne fait pas de doute que le livre intitulé Murphy “raconte une histoire” qu’il possède une diégèse, qu’il est effectivement un récit. Cette diégèse nous pouvons la résumer. Elle est faite de deux parties qui après une première séparation, ne se rejoignent qu’au moment du dénouement. D’une part une “histoire d’amour” entre Murphy et Célia, d’autre part une “histoire de poursuite” entre Murphy et Neary. La mort de Murphy constitue la fin logique des deux parties, confirmant l’échec de l’histoire d’amour, et mettant un point final à la poursuite : mort, Murphy n’est plus en mesure d’être “poursuivie”.

On peut résumer ainsi l’histoire de Murphy et de Célia : un chômeur Murphy, rencontre une prostituée, Célia, à Londres. Le logement de Murphy étant condamné, ils s’installent ensemble ailleurs. Célia oblique Murphy à chercher un emploi. Au bout de quelques semaines, Murphy trouve une place d’aide soignant interne dans un hôpital psychiatrique. Il meurt, une dizaine de jours plus tard, à la suite d’un accident, un feu provoqué par une mystérieuse fuite de gaz dans sa chambre à l’hôpital. Célia retourne à son travail de prostituée, qu’elle avait quitté pour aller vivre avec Murphy.

Voici le résumé de l’histoire de Neary. Neary, professeur mystique, résidant à Cork, aime Mademoiselle Counihan, qui prétend aimer, et être aimée de Murphy, ancien élève de Neary. Elle rejette les avances amoureuses de Neary, provisoirement, en attendant d’avoir des nouvelles de Murphy, qui est, selon elle, parti à Londres chercher fortune. Neary envoie son “esclave” Cooper à Londres, à la recherche de Murphy. Cooper le retrouve, mais perd sa trace à la suite d’une semaine de noce, Murphy ayant déménagé entre temps. Neary à Dublin rencontre ensuite Wylie, un autre de ses anciens élèves. Wylie conseille à Neary d’aller à Londres. Wylie séduit Mademoiselle Counihan pendant que Neary, à Londres, attend de ses nouvelles, ayant congédié Cooper. Retourné à Dublin, Cooper retrouve Wylie et Mademoiselle Counihan, et tous les trois se rendent ensemble à Londres. Neary apprend que Wylie a trahi sa confiance par les aveux donnés par Mademoiselle Counihan et par Wylie, lui-même. Il fixe ses affections sur Murphy, en tant que “Ami unique “, et charge les deux autres de le retrouver. Au bout de quelques jours, Cooper, qui avait déjà vu Célia sortir du logement ancien de Murphy, la revoit dans Hyde Park. Il la suit jusque chez elle.

Le lendemain Neary, Wylie, et Mademoiselle Counihan, avertis par Cooper, se rendent chez Célia, et s’y installent, en attendant le retour de Murphy. Maintenant Neary convoite Célia, et Murphy est redevenu un obstacle. Un mot arrive de l’hôpital psychiatrique, pour dire que Murphy vient de mourir. Tous les cinq vont à la morgue identifier le corps. Neary paie Cooper, Wylie, et Mademoiselle Counihan pour les services rendus, et règle les frais d’incinération du corps de Murphy.

Le récit consiste en grande partie de scènes, librement commentés par le narrateur, et entrecoupées par de grandes ellipses. Parfois les scènes comportent des analepses complètes, où un personnage raconte ce qui lui est arrivé dans un passé récent. Ces “récits dans le récit “sont du nombre de quatre, et sont présentés indirectement en tant que sommaire “expurgé, accéléré, corrigé et réduit” (pages 19,50, 11, une assez bonne définition du terme de Genette (note introduction différente, page 84, récit indirect, page 131).

L’impression de réalité qui domine malgré l’invraisemblance de certains détails de la diégèse tient à la qualité des scènes de dialogue. La description “psychologique” des personnages, (à l’exception de Murphy et ceci pour une raison que nous verrons plus loin) passe en grande partie par leur propre langage. Parfois d’ailleurs le mimesis “envahis “le diégesis, lorsque par exemple les tics de langage de Mademoiselle Counihan sont rapportés à l’intérieur d’un sommaire (page 53).

L’originalité de la diégèse réside surtout dans le fait que les deux parties sont presque indépendantes, comme s’il s’agissait de deux récits et non plus d’un seul. (Cette séparation est encore plus nette dans ‘Molloy’.) Par rapport à “l’histoire de Murphy” toute “l’histoire de Neary” est un leurre, car Neary n’est finalement pour rien dans la mort de Murphy. Mais pour le lecteur, Neary représente une menace à la vie du héros, préparée soigneusement depuis le début de l’histoire. (Selon une optique freudienne il est assez facile de voir dans Neary une transformation de l’image du père. Notons que Murphy n’a plus sa mère, ni son père.)

De la même manière que pour la diégèse, il n’y a aucun doute sur l’existence même des “personnages”, même s’il est vrai que par rapport aux personnages du récit du 19ième siècle, nous sommes très mal renseigné sur leur passé, surtout celui de Murphy. Nous apprenons le nom et les aspirations du médecin-accoucheur, mais nous n’apprenons rien sur ses parents, ni sur sa première jeunesse. Il est né à Dublin. Il a été étudiant en théologie. Il a visité Paris et séjourné à Hanovre. Il a un oncle en Hollande. Voilà tout. Nous ne savons même pas son prénom. Il est sans doute irlandais, à juger d’après son patronyme.

Si nous écartons ces “lacunes biographiques” l’histoire d’amour de Murphy et de Célia est somme toute vraisemblable. Par contre, “l’histoire de Neary” est fantastique, burlesque. Neary est un professeur mystique, possédant un “gymnase” à Cork. Il est bigame, il a séjourné longtemps en Inde, où il a acquis une faculté surhumaine : arrêter son cœur volontairement. (Ce qui constitue l’un des pouvoirs “ traditionnels” d’un yogi ; il s’agit d’un quasi-arrêt, où il n’y a pas de pouls, mais où l’activité cardiaque peut être détectée par des moyens électromagnétiques modernes et s’accompagne d’une grande activité cérébrale détectée par électroencéphalogramme, selon un témoignage radio diffusée le 13 juin 1975 à Europe 1.)

page 4

Neary est l’esclave de ses impulsions sexuelles, aussi est-il incapable de fixer ses affections sur une seule personne. Il est sans scrupule, capable de faire un crime (page 56). Au début de l’histoire il est motivé par un désir amoureux se situant à l’intérieur d’un “polygone” tout à fait invraisemblable du point de vue statistique, sinon du point de vue logique. Wylie, le malin, est un magicien (le mouchoir de soie, page 201).

Mademoiselle Counihan paraît à peine plus vraisemblable que Neary. Elle oblige Neary à chercher, à traquer Murphy en prétendant qu’elle aime Murphy, ce qui ne l’empêche pas de se laisser séduire par Wylie. Elle fait figure de bourgeoise corrompue par contraste avec Célia, la prostituée au cœur d’or. Son rôle dans l’histoire consiste essentiellement à présenter Murphy comme obstacle à l’entreprise de séduction menée par Neary. Elle est riche, oisive, prétentieuse, elle a raté de justesse son certificat d’études. On se demande ce qu’elle peut bien chercher, sinon à tenir Neary en haleine. Elle pourrait, à la rigueur, dans le “triangle” Murphy-Neary-Mademoiselle Counihan représenter l’image maternelle, si l’on veuille bien voir derrière la “poursuite” une représentation latente du conflit œdipien. (A noter qu’il n’y a aucune “Madame” dans le récit, en dehors du “testament” que Murphy adresse à “Madame Murphy”.)

En bref, à côté d’une histoire simple et plausible, tout au moins dans ses grandes lignes, se trame une autre histoire fantastique, qui pose l’hypothèque d’une menace sur les héros de la première histoire, un peu à la manière d’un délire de paranoïaque.

La méthode analytique proposée par G.Genette consiste à chercher dans l’organisation du récit cinq niveaux de structure, à savoir ordre, durée, fréquence, mode, voix. Ce sont des aspects “universels” du récit écrit. Qu’on me permette de passer directement aux conclusions de cette analyse en ce qui concerne Murphy. Certains détails seront présentés dans les tableaux en fin de chapitre.

1. ordre

Les événements du récit sont indexés selon une chronologie rigoureuse et cohérente, avec une seule et unique “bavure” que nous devons considérer comme volontaire en raison justement de la précision de l’ensemble. (Cette bavure n’existe pas dans la version anglaise de 1938, ce qui prouve qu’elle est volontaire.) Il s’agit de “l’erreur du dimanche”. Célia quitte Brewery Road pour la première fois depuis le départ de Murphy, l’après-midi du samedi 19, alors que Murphy passe à Brewery Road le dimanche 20 prendre sa berceuse. Les deux événements sont censés coïncider puisque Murphy trouve Célia absente. D’autres détails (Murphy passe la journée du dimanche dans sa berceuse, par exemple) indiquent que Murphy a dû sortir de la M.M.M.M. (hôpital psychiatrique) le samedi et non pas le dimanche.

page 5

Par ailleurs tous les éléments de ce que Genette appelle l’anachronie (décalage entre l’ordre dans la diégèse et l’ordre dans la narration) se trouvent présents dans Murphy, en raison d’abord du “front multiple” de narration, ensuite de l’emploi (parcimonieux) d’analepses et de prolepses. Il s’agit d’un phénomène parfaitement “normal”, en accord avec les règles. Pourtant on peut remarquer l’aspect prémonitoire de beaucoup de phrases de dialogue, non attribuable directement au narrateur (“Mets un terme à une fréquentation forcément funeste, dit Monsieur Kelly, pendant qu’il est encore temps.” Page 29) dont Genette ne semble pas avoir tenu compte dans son analyse des prolepses.

Et comment classifier l’exploit de “clairvoyance” de Murphy à la page 15 ? “Pas exactement un ami, dit Murphy, un vieux type qui joue aux échecs. Un vieux monsieur délicieux. Propre, sourd, et muet.” Repris plus loin, page 28 : “A son vieux monsieur délicieux, dit Célia.” Ceci correspond à la description de Monsieur Endon (page 165 : “Il semblait qu’il était lié avec Monsieur Endon, non seulement par la fiche, mais par un amour de la plus pure espèce”) qui joue aux échecs, et qui ne parle jamais. Pour d’autres exemples, page 36, Murphy : “et parce que mon monde est en deuil.”

Genette n’a pas non plus tenu compte de la possibilité pour le narrateur (ou un personnage) de se tromper partiellement ou complètement dans ses anticipations sur l’avenir, l’exemple le plus frappant étant les remarques du narrateur à propos de Ticklepenny, page 85 « “Le moindre des pions entre Murphy et ses astres, il fait son petit coup, engage une action, et est balayé de l’échiquier. Il est concevable que, dans le loto d’un enfant ou dans le solitaire d’un critique littéraire, Austin Ticklepenny, avant de sombrer dans ses sécrétions, trouve encore à s’employer. Mais sur l’échiquier on ne le verra plus. “Or, si l’échiquier signifie le récit, l’affirmation contenue dans ce pseudo-prolepse est fausse, car c’est Ticklepenny qui trouve un emploi pour Murphy, et qui bricolera l’appareil de chauffage responsable de sa mort. Voir page 106 pour une contre-affirmation “si lourde de conséquences “. Autre exemple, partiellement faux, page 98 : “Faisons ici nos adieux à Mademoiselle Dew, car nous ne la reverrons peut-être plus”. … page 246 “De l’autre côté de L’Eau Longue Mademoiselle Dew et Nelly, qui n’était plus amoureuse non plus, se tournaient vers la maison…”

Nous trouvons plusieurs exemples d’amorce (l’appareil de chauffage, dont le robinet se ferme tout seul, page 156, 157 “ce qui dépassait sa compréhension, c’était comment le robinet qu’il avait réellement ouvert, avait pu se refermer” (Ticklepenny), et qui s’ouvre tout seul ; la tâche de vin sur la fesse droite de Murphy (page 33) qui permet à Célia de l’identifier (page 135). L’individu “patibulaire” page 31 est en fait Cooper, page 112 (paralepse).

Page 6

Un autre problème que pose ‘Murphy’ c’est celui de savoir où situer le début du récit premier. Si nous choisissons la journée qui correspond à la première page du récit (jeudi, le 12 septembre, 1935) toute une partie de l’histoire de Neary sera antérieure à cette date, (qui correspond à la journée où Cooper retrouve l’adresse de Murphy pour la première fois) bien que racontée par analepses (récit de Cooper, récit de Neary). Une seule scène racontée directement par le narrateur sera antérieur, “la scène des adieux” entre Murphy et Neary. C’est là le “point de divergence” des deux récits parallèles, le “point de convergence” étant la scène du rencontre entre Neary et Célia. Il y a donc lieu de la considérer comme véritable point de départ du récit premier. D’autant plus que relativement peu des analepses ont une portée plus longue. (Neary, page 11, “Cette rare faculté, acquise aux Indes, après de longues années d’application…” ; Célia, page 18 “Elle avait quitté l’Irlande à l’âge de quatre ans” ; page 19 “Quand périrent ses parents… Célia, enfant unique, pris le trottoir” ; Cooper, page 183 ; Murphy, page 70, page 14, page 36 ; Célia, page 208.

Du côté des prolepses nous en trouvons un bien extradiégétique, page 219 : “Cette distribution sans précédent de visites eu sur Bom un effet permanent et continua, jusqu’au jour de sa mort inclusivement, à déjouer tous ses efforts pour y comprendre quelque chose… Et la M.M.M.M. garde encore aujourd’hui le souvenir de Murphy, souvenir fait de pitié, de moquerie, de mépris et d’un léger effroi… Cela ne le console pas. Il n’est plus consolable.” Un autre l’est “de justesse”, page 175, à propos du polygraphe hindou : “Car déjà il se plaignait des sensations qui, quelque semaines plus tard, jusqu’au moment où il tombait sur l’Ecole de Norwich, devait l’amener au four à gaz.”

D’autres événements du récit, qui ne “débordent” pas l’amplitude chronologique du premier récit, sont extradiégétique par leur contenu. Page 70 : “Parmi les membres de l’Académie Blake, le bruit courrait que Bildad, Sçuhite, tel que l’avait conçu le maître, avait pris corps de chair, et parcourait Londres…” ; Page 31 : “L’autorité du Port de Londres restait calme. On s’attendait à des marées exceptionnelles.” Ceci n’est pas étonnant en soi, mais témoigne de l’effort que fait le narrateur pour inclure toutes les formes de construction narrative. Ici, il s’agit d’un “survol” qui peut inclure au gré du narrateur un “zoom” (par exemple, page 19, les détails sur la mort des parents de Célia). La perspective ici est celle du récit panoramique, avec narrateur omniscient.

It goes on like this for another 100 pages.

After two pages of this monograph she falls asleep. So there we are…

11/2/10

Je lis ‘More Pricks’ et on aurait bien du mal à trouver un roman plus prétentieux (au départ). C’est du Joyce remâché…

11/2/10

Notes. Je lis ‘More Pricks’ et on aurait bien du mal à trouver un roman aussi chiant et plus prétentieux au début. C’est du Joyce remâché, à la sauce Beckett. Le portrait de l’antihéros Belacqua, qui est tiré de Dante, paraît-il, mais je ne vais quand même pas m’emmerder à lire ‘la Divine Comédie’ juste pour le savoir. Vu à travers dix scènes. Belacqua est un personnage assez fade et antipathique. Le narrateur prend ses distances avec lui, mais on voit bien SB derrière tout cela, en train de décrire des personnages de son Dublin en caricature, lui-même compris. Il courtise vaguement quelques belles et moins belles, qui sont jeunes ou moins jeunes : Winnie, Lucie, Thelma, la Smeraldina, l’Alba. Sa première Winnie, il la plaque devant l’hôpital psychiatrique, vole un vélo et repart avec le vélo. Lucie, la seconde, il l’épouse, mais elle a un accident de cheval peu avant le mariage, et elle décède deux ans plus tard. De toute façon, il lui propose de se prendre un amant, avant même le mariage. Lucy morte, il fait la cour à Thelma, qui a des parent aisés. S’étant débarrassé de Thelma, mais comment (?) il épouse la Smeraldina, qui est une allemande bien en chair. Il meurt à l’hôpital sous l’effet de l’anesthésie, et la Smeraldina s’empresse de l’oublier. Voilà Belacqua en dix tableaux de la jeunesse à la mort. Il était un enfant prodige, il parle l’italien, l’allemand, et le français.

Dans Dante et le lobster (chapitre 1), il a une vieille tante. Dans ‘Draff’ (chapitre 10) il est enterré. Certains des personnages reviennent dans les différents tableaux : par exemple, les trois épouses : Lucy, Thelma, et la Smeraldina. Belacqua a une maison avec un jardinier dans Draff, numéro 10 et une bonne. A la mort de Belacqua, le jardinier viole la bonne et mets le feu à la maison. Dans ‘Dante et le lobster’ Belacqua est étudiant à Dublin. Il prend des leçons d’italien, et il évite soigneusement la conversation avec d’autres étudiants. Il ne travaille pour ainsi dire jamais, et il fait le beau auprès des dames d’un certain âge. Pour le reste on ne sait pas grand chose de Belacqua. Son physique est décrit par la Smeraldina, dans son billet doux.

Personnages, dans l’ordre ou le désordre : Belacqua, Blissful Beatrice, Dante, McCabe the murderer, Cain, The grocer, Adriana Ottolenghi the Italian teacher, Mademoiselle Glain the French teacher, Winnie Coates, Doctor Sholto, Tom, A hatless woman, The narrator, Mistinguette, Tommy Moore, Chas, The Frica, The Alba, The poet, The arithmomaniac, The man of law, The Parambimbi, The communist painter and decorator The glorious Komsomelet, the P and D, The curate, Grock, The Venerilla, The Polar Bear, the PB, Dan, The SJ, jesuit, The shetland shawly, Caliken Frica also the Frica, Caliken, Ruby, Mrs Tough, mother of Ruby, The student, The poet, A gaggle of nondescripts, The public botanist, The Galway Gael, Chas and the Shetland shawly, The Beldam, The saprophile, The rising strumpet, The space writer, The professor of Ovoidology and Comparative Bullskrit, The sister of the parodist, My sometime friend Belacqua, Nino Belacqua, Two banned novelists, A bibliomaniac and his mistress, A paleographer, A violinist d’amore, A merchant prince, Two grave Jews, Three more poets with Lauras, A disaffected cicisbeo, A chorus of playwrights, The envoy of the fourth estate, A phalanx of Stürmers, Jeremy Higgins, The Count, The botanist, Pansy, Lilly Neary, Tall Tib, Slender Sib, Alma Beatrix, Alba ---, the Alba, The Smeraldina, Larry, A civic guard, Lucy, Maestro Gormely, Larry O’Murcahaodha, …

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